Pour ces deux semaines de vacances actives en famille en Grèce, nous avons posé nos valises dans le Péloponnèse. Nous étions près d’une vingtaine de personnes, des adolescents jusqu’aux grands-parents de plus de 80 ans. Il nous fallait donc une destination capable de satisfaire tout le monde.
Nous avons choisi une grande villa à proximité de Corinthe, idéalement située pour rayonner vers Athènes, Delphes et les principaux sites antiques de la région. Avec sa piscine et sa position centrale, elle s’est révélée être un excellent point de départ pour alterner visites culturelles, activités sportives et moments de détente.
Entre randonnées et activités nautiques dans le Péloponnèse
Koh-Lanta dans les gorges de Loussios
Les gorges de Loussios devaient être notre petite sortie sportive de la semaine. D’après les informations trouvées avant le départ, il s’agissait d’une promenade d’environ deux heures permettant de découvrir plusieurs monastères accrochés aux falaises. Sur le papier, cela semblait parfaitement raisonnable.
Très rapidement, nous avons compris que les notions grecques de « petite promenade » et les nôtres n’étaient pas tout à fait les mêmes. Entre les descentes parfois techniques, les passages dans le lit du torrent et les portions plus sportives que prévu, nous étions finalement beaucoup plus proches d’une aventure façon Koh-Lanta que d’une balade digestive.
Après 3 heures d’effort, nous atteignons enfin le monastère Philosophou (le premier monastère). Niché au cœur des gorges, dans un environnement spectaculaire, il dégage une atmosphère incroyable. Nous prenons le temps de souffler avant de poursuivre vers l’ancien monastère, littéralement creusé dans la falaise.
La dernière difficulté nous attend encore : la montée vers le monastère de Prodromou, suspendu à la roche au-dessus des gorges. Après quatre heures de marche, les jambes commencent sérieusement à protester, mais la beauté du site fait rapidement oublier les efforts.
Notre avis : la randonnée est nettement plus difficile que ce que laissent entendre la plupart des guides. En revanche, les paysages et les monastères valent largement l’effort.
Les gorges de Vouraïkos : Le train de la peur
Après plusieurs visites culturelles, nous avions envie d’une randonnée un peu différente. Les gorges de Vouraïkos semblaient réunir tous les ingrédients : un site réputé, situé à une distance raisonnable de notre villa, et surtout un concept original consistant à monter en train à crémaillère avant de redescendre tranquillement à pied dans les gorges.
La journée commence parfaitement. Levés avant l’aube, nous rejoignons la gare suffisamment tôt pour obtenir des billets pour tout le groupe. Installés confortablement dans le petit train climatisé, nous découvrons progressivement les gorges, les falaises et les paysages spectaculaires qui font la réputation de cette ligne ferroviaire. Le trajet est magnifique et constitue déjà une attraction à lui seul.
Vers 10 heures, nous descendons à la gare de Zachlorou pour commencer notre randonnée. C’est là que nous découvrons un détail que nous n’avions pas vraiment anticipé : il n’existe pratiquement pas de sentier longeant la voie ferrée. La majeure partie de la descente se fait donc directement sur les rails.
Au début, cela ne semble pas trop gênant. Les paysages sont superbes et les occasions de prendre des photos ne manquent pas. Mais au fil des kilomètres, nous passons finalement plus de temps à surveiller nos pieds qu’à admirer les gorges. À partir de la fin de matinée, une autre préoccupation s’ajoute : le retour du train.
Les espaces permettant de se ranger lors du passage du train deviennent de plus en plus étroits. Lorsque celui-ci arrive finalement, un incident vient malheureusement gâcher l’ambiance. En cherchant à s’écarter, Gilles recule sur des herbes qui masquaient le bord du ravin et chute d’environ cinq mètres. Plus de peur que de mal heureusement : quelques blessures, beaucoup de bleus, des griffures et une paire de lunettes perdue dans l’aventure. Gilles et Laurène choisissent alors de terminer la descente en train.
Le reste du groupe poursuit la randonnée, mais l’accident a forcément un peu cassé l’ambiance de la journée. Heureusement, l’arrivée est récompensée par une bonne bière bien fraîche et une excellente limonade maison qui permettent de retrouver le sourire.
Notre conseil :
Avec le recul, nous gardons un souvenir mitigé de cette randonnée. Les paysages sont magnifiques et le trajet en train vaut clairement le détour. En revanche, marcher sur les voies ferrées pendant plusieurs heures demande beaucoup d’attention et peut devenir stressant et dangereux, surtout lorsque les trains circulent fréquemment. A savoir qu’il n’y avait pas de chemin piétons, nous n’aurions pas pris ce risque.
Premiers « pas » sous l’eau
Après plusieurs journées passées à arpenter les montagnes, les gorges et les sites antiques, nous avions envie de découvrir la Grèce sous un autre angle : sous l’eau.
Nous avons donc réservé un baptême de plongée dans le golfe de Corinthe auprès d’un club local. Pour la plupart d’entre nous, il s’agissait d’une première expérience. Les adolescents étaient évidemment enthousiastes à l’idée de jouer les explorateurs sous-marins tandis que certains membres plus âgés du groupe ont estimé avec beaucoup de sagesse que, passé 80 ans, il était peut-être temps de laisser les aventures sous-marines aux générations suivantes.
Après les explications du moniteur, chacun s’équipe et découvre les joies de la combinaison, toujours très élégante lorsqu’il faut trouver sa taille au milieu d’un groupe d’une vingtaine de personnes.
Une fois dans l’eau, les appréhensions disparaissent rapidement. La plongée reste peu profonde, environ cinq mètres, ce qui permet de prendre ses marques tranquillement et de profiter du paysage sous-marin sans stress particulier.
Nous avons observé de nombreux poissons et découvert un univers totalement différent de celui que nous avions parcouru jusqu’à présent. Bien sûr, certains espéraient secrètement tomber sur une amphore antique ou quelques vestiges oubliés de la Grèce antique. Malheureusement, les archéologues amateurs du groupe sont repartis bredouilles.
Même sans découverte historique majeure, l’expérience a été une réussite. Le calme sous l’eau, les bancs de poissons et la sensation de flotter dans le bleu du golfe de Corinthe ont offert une parenthèse très différente des visites culturelles et des randonnées des jours précédents.
Notre conseil :
si vous n’avez jamais plongé, le golfe de Corinthe est un excellent endroit pour tenter un baptême. Les conditions sont généralement calmes et la faible profondeur permet de découvrir l’activité en douceur, même pour les plus jeunes participants. Et qui sait… vous aurez peut-être plus de chance que nous pour trouver un trésor antique au fond de l’eau. 😄
Les sites antiques incontournables du Péloponnèse
Sur les traces de la Pythie à Delphes
Pour visiter Delphes, nous savions qu’il faudrait faire un effort. Avec près de trois heures de route depuis notre villa, mieux valait partir tôt afin de profiter de la fraîcheur matinale et éviter les fortes chaleurs de l’après-midi.
La visite se fait naturellement en montant à travers le sanctuaire. On découvre successivement les trésors offerts par les cités grecques, le temple d’Apollon où officiait autrefois la célèbre Pythie, puis le théâtre et enfin le stade situé tout en haut du site.
Même si les vestiges sont impressionnants, ce qui nous a le plus marqués reste le cadre naturel. Accroché au flanc de la montagne, Delphes offre des vues spectaculaires sur la vallée. À plusieurs reprises, nous nous sommes davantage arrêtés pour admirer le paysage que pour observer les ruines.
Lorsque la chaleur commence à devenir plus difficile à supporter, nous poursuivons la visite dans le musée. Les statues, sculptures et objets retrouvés sur le site permettent de mieux comprendre ce que l’on vient de voir à l’extérieur.
Notre avis : si c’était à refaire, nous commencerions probablement par le musée avant les ruines. Les maquettes permettent de mieux visualiser le sanctuaire dans son ensemble. Avec le recul, nous pensons également qu’un guide aurait rendu la visite plus vivante. Enfin, les amateurs du jeu vidéo Assassin’s Creed Odyssey retrouveront avec plaisir l’une des plus belles reconstitutions de Delphes jamais réalisées.
Au théâtre ce soir : une tragédie grecque à Épidaure
Après la longue journée passée à Delphes la veille, nous avions volontairement prévu un programme plus léger. L’objectif était simple : visiter Épidaure puis assister le soir à une représentation de Plutus d’Aristophane dans le célèbre théâtre antique.
Nous profitons de la fin d’après-midi pour découvrir le théâtre, le stade et les vestiges du sanctuaire. Le théâtre est particulièrement impressionnant par ses dimensions et son état de conservation.
Vers 19h30, nous improvisons un pique-nique sur le parking. Ce n’est probablement pas le cadre le plus romantique de Grèce, mais les pizzas de Christian font largement l’affaire. Peu à peu, les spectateurs affluent et les 12 000 places du théâtre se remplissent.
Comme les places ne sont pas numérotées, nous nous installons tout en haut des gradins. La vue est parfaite mais les sous-titres beaucoup moins.
La représentation débute finalement avec un léger retard. La pièce est jouée en grec moderne avec des sous-titres en anglais. Depuis nos places perchées tout là-haut, nous distinguons difficilement le texte. Ajoutez à cela le fait que nous ne nous étions pas vraiment renseignés sur l’intrigue avant le spectacle, et vous obtenez deux heures pendant lesquelles nous avons parfois eu du mal à suivre ce qui se passait sur scène.
Nous avons également été surpris par le style de la représentation. Nous nous attendions à davantage de jeu d’acteur alors que la pièce reposait surtout sur les dialogues et les références culturelles.
Malgré cela, assister à une tragédie grecque dans un théâtre vieux de plus de deux millénaires reste une expérience unique.
Notre avis : si vous assistez à une représentation à Épidaure, renseignez-vous sur l’histoire avant le spectacle et essayez d’obtenir des places suffisamment proches de la scène pour profiter des sous-titres.
Ruines, moussaka et 800 marches : Mycènes et Nauplie
Pour limiter les kilomètres de voiture, nous avions décidé de regrouper Mycènes et Nauplie dans la même journée. Sur le papier, le programme paraissait ambitieux. Finalement, cela fonctionne très bien.
Nous commençons par Mycènes, ancienne cité fortifiée considérée comme le berceau de la civilisation mycénienne. Le site est surtout connu pour sa célèbre Porte des Lionnes. Pour le reste, il faut parfois faire travailler son imagination : après plus de trois mille ans d’histoire, il subsiste surtout des fondations, des tombeaux royaux et quelques vestiges du palais.
Comme souvent en Grèce, c’est dans le musée que les ruines prennent véritablement vie. Grâce à l’audioguide, nous comprenons beaucoup mieux l’organisation de la cité et son importance dans l’histoire grecque.
À midi, nous rejoignons Nauplie avec un nouvel objectif : trouver un restaurant capable d’accueillir dix-neuf personnes.
Notre premier essai tourne court : « Nous ne servons pas les groupes. Au revoir. » !!! L’échange est bref mais efficace.
Heureusement, quelques rues plus loin, nous trouvons un restaurateur beaucoup plus accueillant qui accepte de nous installer à l’ombre. Moussaka, brochettes, aubergines farcies et spécialités locales nous réconcilient rapidement avec l’hospitalité grecque.
L’après-midi est consacré à la forteresse de Palamidi.
Deux stratégies s’affrontent alors au sein du groupe :
- les raisonnables montent en voiture ;
- les autres décident de gravir les 800 marches.
Étrangement, les deux groupes arrivent presque en même temps.
La récompense est à la hauteur de l’effort. Depuis les remparts, la vue sur Nauplie, la baie et les montagnes environnantes est magnifique.
Notre avis : si vous ne disposez que d’une journée, associer Mycènes et Nauplie est une excellente idée. L’une apporte l’histoire, l’autre l’ambiance et les panoramas.
Une journée presque parfaite à Athènes
Pour notre dernière grande visite culturelle, nous avions prévu une journée un peu particulière. L’objectif était double : découvrir l’Acropole et accompagner Tristan à l’aéroport en fin de journée.
Comme souvent depuis le début du séjour, nous arrivons dès l’ouverture afin d’éviter les fortes chaleurs. Sur l’autoroute, les panneaux lumineux nous rappellent d’ailleurs que le risque d’incendie est élevé et que les températures s’annoncent exceptionnelles.
Premier miracle : nous trouvons trois places de stationnement au pied de l’Acropole.
Deuxième miracle : nous arrivons juste à temps pour acheter nos billets. En effet, alors que nous sortons la queue avec nos billets, nous apprenons que les autorités ont décidé de suspendre les ventes de billets pour le reste de la journée. Les prévisions annoncent plus de 42°C et le site sera fermé plus tôt afin de protéger les visiteurs et le personnel. Autant dire que nous étions passés de justesse.
Pendant l’attente, nous rencontrons également un guide francophone disponible pour notre groupe. Pendant une heure, elle nous raconte l’histoire d’Athènes, des guerres médiques, de Périclès et de la construction de l’Acropole. Pour la première fois depuis le début de nos visites archéologiques, nous avons vraiment l’impression de comprendre ce que nous regardons.
Après la visite guidée, chacun profite du site à son rythme avant de poursuivre par le musée de l’Acropole puis par une promenade dans le quartier de Plaka.
En début d’après-midi, nous reprenons la route vers le Péloponnèse. Et c’est là que la journée bascule.
Plusieurs incendies provoquent la fermeture de routes et nous obligent à effectuer un détour de près de deux heures. Lorsque nous arrivons enfin à la villa, une nouvelle surprise nous attend : plus d’électricité.
Finalement, cette journée qui avait commencé au sommet de l’Acropole se termine autour d’un immense apéritif et d’une salade de tomates dégustés sur la terrasse, tout en observant les fumées des incendies au loin.
Notre avis : si vous visitez l’Acropole, arrivez dès l’ouverture et prenez un guide. C’est probablement le site où les explications apportent le plus de valeur. Et si vous devez ensuite rejoindre l’aéroport, prévoyez toujours une marge de sécurité.